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Comment gérer les émotions de la recherche d’emploi

Dans cette première lettre des conseils authentiques, on aimerait parler du thème de la gestion des émotions en recherche d’emploi.

Nous sommes très heureux du premier mois de notre projet. Nous avons travaillé fort et beaucoup appris.

Nous avons reçu énormément d’appui des conseillers d’orientation et des conseillers en emploi. Les encouragements proviennent autant de la relève que des gens d’expérience.

Ça démontre que les professionnels peuvent se percevoir comme une belle communauté, au-delà des barrières de la concurrence.

Du côté des chercheurs d’emploi, nous avons reçu surtout des messages en privé et ça nous a même valu des demandes de consultation pour notre pratique privée.

Ce qui nous a frappé des messages reçus en privé des chercheurs d’emploi était la détresse psychologique et le sentiment de solitude.

Beaucoup de conseils sur le web clament de te montrer solide et savoir te distinguer par un discours percutant. Mais comment avoir l’air sûr de soi, quand tu te retrouves dans un moment aussi difficile de ta vie?

Il devient donc difficile de te montrer authentiques, quand tu n’aies pas sûr de toi et que tu n’as aucune idée de comment tu vas être perçu. En plus, l’enjeu est important. Il s’agit de ton emploi futur, de ton identité au sein de la société et rien de moins que ton gagne-pain.

Je me souviens quand dans les années 90, j’ai cherché mon premier emploi après mon baccalauréat. J’étais constamment en train d’éplucher les offres d’emploi et j’envoyais des cv à la tonne.

Je n’obtenais pas vraiment les résultats escomptés. J’avais plutôt l’impression de déranger tout le monde.

À cette époque, j’écoutais à répétition l’album Angel Dust de Faith No More, un groupe un peu métal sur mon disc-man. Sur ce disque, ma chanson préférée était Be Agressive et ça reflétait sûrement les émotions que je vivais à l’intérieur de moi.

Je trouvais la situation injuste. En colère contre tous ceux qui travaillaient en général. Ils ne méritaient pas plus que moi un travail. En colère contre les employeurs, car non seulement, ils travaillaient, mais si moi, je ne travaillais pas, c’était entièrement de leur faute!

Bien malgré moi, mon émotion devait être ressenti lors de mes entrevues. Il est très difficile de camoufler ce que l’on ressent vraiment au fond de soi. La plupart des recruteurs seront probablement d’accord avec moi.

Je trouvais ma situation pitoyable, car le comble du ridicule était que je cherchais un emploi de conseiller pour aider les autres à se chercher un emploi. Ouf!

Lorsque j’ai rédigé mon livre Déjouer les attitudes kamikazes en recherche d’emploi, j’ai développé des profils de différentes attitudes. Une de ces attitudes avait pour le nom le « combattant enragé » et je m’étais directement inspiré de mon propre état d’esprit pour développer ce contenu.

Et toi, présentement, quelles sont les émotions qui t’habitent le plus?

À quoi tu attribues le plus tes émotions?

Dans ma période de recherche, je considérais que ma colère était causée par les employeurs et non par moi. Je n’assumais aucune responsabilité face à mes propres sentiments qui m’habitaient.

D’un autre côté, si un professionnel à l’époque m’avait dit « sois heureux », ce n’est pas bon d’être négatif, il m’aurait vraiment tapé sur les nerfs. Puis, j’aurais cru qu’il me demandait de ne pas être authentique. Ce qui était authentique à ce moment, c’était ma COLÈRE!

Voici ce que l’intelligence émotionnelle propose pour être en mesure de traiter ses émotions sans manquer d’authenticité face à soi-même.

  • D’abord, mets-toi dans un endroit tranquille et prends conscience de tes propres émotions. Prends-en conscience sans porter aucun jugement. Si c’est de la colère, c’est de la colère. Ne tente pas de dire si ce sentiment est bien ou non. Ne cherche pas à fuir. Si c’est inconfortable, c’est inconfortable, c’est tout. Accepte de vivre cet inconfort durant quelques minutes.
  • Ensuite, tu investigues ton émotion. Tu cherches à la comprendre. Tu l’analyses comme si cette émotion était en dehors de toi, un objet extérieur, l’émotion d’un autre. Tu étudies l’effet physique sur ton corps comme un scientifique le ferait. Tu remarques peut-être que tu as une boule dans l’estomac, tu as un léger mal de tête. Ce sont des faits que tu recueilles de façon détachée.
  • Tu tentes de mettre des mots précis sur ton émotion. Nous avons mis en pièce jointe le guide des émotions pour t’aider à préciser avec des mots exacts. Cette infographie provient du magazine Cerveau & Psycho. Encore une fois, tu ne cherches pas à interpréter si cette émotion est bien ou non, si tu as raison de la ressentir ni de la transformer.

Ce que tu viens de faire s’appelle « prendre conscience de ton émotion ». Juste faire ces étapes te permet de prendre du recul sur tes émotions et te mettre dans un autre état d’esprit. Prendre conscience de tes émotions est beaucoup plus utile que te regarder dans le miroir en te répétant : « Je suis un gagnant! Je suis un gagnant! »

Être conscient de ses émotions et s’attribuer la responsabilité de ce qu’on éprouve n’est pas suffisant pour prendre confiance en soi et développer un discours percutant de chercheur d’emploi.

Toutefois, il s’agit d’un point de départ essentiel pour la suite des choses.

Es-tu d’accord qu’il est difficile d’avoir confiance en ce qu’on ne connaît pas?

Si tu n’apprends pas d’abord à te connaître, comment peux-tu alors développer une confiance en toi?

Si le sujet t’intéresse, on te suggère de lire « L’intelligence émotionnelle au travail ». C’est un livre qui peut être utile pour approfondir ta réflexion.

Sur le thème des émotions, Vincent et moi voulons développer prochainement des contenus pour des capsules vidéos. Nous avons différentes idées.

On espère que tu as trouvé utile ce premier conseil authentique.

Puisque nous débutons ce projet, nous serions heureux d’avoir tes commentaires à ce sujet.

Bon succès dans tes démarches!

Ce texte était l’infolettre du chercheur d’emploi authentique du mois de septembre 2018